A la recherche de la vision scientifique perdue

Une enquête exclusive de l’atelier 53 dans les méandres de la recherche publique française d’Orsay.

Un projet scientifique, une vision scientifique, un élan scientifique, pour la refondation… L’information circule de couloir en couloir, c’est pourquoi l’atelier 53 a dépêché ses intrépides investigateurs à la recherche du projet scientifique de la refondation.

Plongés dans la littérature officielle et au travers du labyrinthe Indico de la Refondation nous avons exhumé la lettre aux tutelles du 16 septembre 2016. Celle-ci mentionne la Vision scientifique de la refondation « ouverte sur les synergies locales et intègre aussi sa mission nationale » ainsi que « évolutive et large, allant du fondamental à l’appliqué, du cœur dur aux interfaces ». Muni de notre dictionnaire de novlangue nous vous proposons une traduction : la Vision peut être tout et son contraire à la fois, fidèle en cela au principe d’incertitude d’Heisenberg. La première propriété de cette Vision serait donc d’être soumise aux lois de la physique quantique. Signe supplémentaire de ce caractère quantique, la signature d’un directeur des laboratoires concernés n’apparaît pas malgré une « phase d’exploration et d’échanges, au sein de nos laboratoires ».

Le second document d’intérêt plutôt négligeable, la réponse des tutelles, ne fait qu’accentuer le caractère quantique de la Vision avec l’apparition du CSNSM dans le périmètre de la refondation.

Les recommandations du CILO, ébauche de groupe projet, ne font apparaître aucun projet scientifique. Une partie de ces recommandations sont restées lettre morte [1] (ou pas) et le CILO semble être dans le même état (ou pas) que le chat de Schrödinger.

Dans notre quête nous avons alors misé sur la synthèse du COPIL et la liste des ateliers qui en découle pour enfin réduire l’incertitude autour de la Vision. Quelle désolation de ne pas y voir plus clair… Soixante-quatre pages… On voit réapparaître les oxymores « le projet scientifique de la refondation doit bien sûr s’effectuer en cohérence avec la politique, aussi bien de site, locale, que celle nationale et internationale » et la Vision est mentionnée mais jamais vraiment définie (toujours son caractère quantique). Mais nous sommes rassurés, le COPIL l’affirme : « L’objectif est d’avoir finalisé le projet scientifique à l’issue de cette deuxième phase participative. » (page 6). C’est-à-dire qu’il doit déjà être en cours d’élaboration. La liste des 52 ateliers ne nous éclaire pas beaucoup plus. Quid de la physique nucléaire et de la physique du solide qui n’ont pas d’atelier dédié ? Il y a même un atelier spécifique « Développement d’ALTO 2.0 hors physique nucléaire ».

Merci aux lecteurs attentifs de nous écrire si vous découvrez une information concernant la Vision qui nous aurait malencontreusement échappée (pin’s, autocollant, de l’atelier 53 offerts en récompense).

Réduire l’incertitude quant au devenir de la science et des personnels des laboratoires de la vallée, voilà une Vision ambitieuse !

[1] Par exemple : « Leurs restitutions [des GTs] se fassent en présence du COPIL et du CILO »

Une réflexion sur “A la recherche de la vision scientifique perdue

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *